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Esprit Frappeur

Alain Soral ou le retour de la bêtise immonde

Frédéric Balmont

Les pratiques et discours imprégnés de la logique d’extrême droite fleurissent de tous côtés. Comment peut-on mieux comprendre leur fonctionnement et les reconnaître derrière leurs multiples costumes si ce n’est en se penchant sur leur propagateur le plus assumé et le plus odieux : Alain Soral ?

Du fond de son canapé rouge, on entend la voix nasillarde de cette insupportable cantatrice chauve du fascisme… Appuyée sur un dispositif pseudo-scientifique, sa haine des femmes, des homosexuels et des juifs lui tient lieu d’anthropologie.

Roi du Facho Business, Alain Soral contribue à l’ascension d’une sensibilité fasciste dans la société. Sensibilité qui ravit les politiques de tous bords : plus le fascisme prospère, plus ils peuvent prétendre cacher leur incompétence derrière, l’antifascisme finissant par être leur seule justification.

Soral milite pour le pire des mondes, prônant les inégalités, le fétichisme de l’identité et le gouvernement par la violence. Ce livre s’applique à démonter les ressorts idéologiques de cette entreprise abjecte.



Mots-clés: Nazisme Racismes



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SOMMAIRE

Préface de Michel Sitbon

Avant-propos 17
Introduction 21

PREMIÈRE PARTIE
I. le sommeil de la raison réveille les monstres 29
La Terre est creuse
et elle tourne autour de Soral 33
Tout est dans tout, surtout le complot juif 43

II. métaphysique de l’anus 53
Soral, flic et curé 53
Typologie homosexuelle 59
Comment un oedipe raté mène à la tapettisation 63
Comment un oedipe réussi conduit à la démocratie 68
L’homme aux épaules de serpent 78

III . Le ciel et la terre : L’ordre sexuel et la civilisation 84
Typologie féminine 91
De quel singe descend Soral ? 94
La femme, australopithèque au grand coeur 106
Un accident de l’oedipe : Rosa Luxembourg 110
Tu aimeras la femme
et ne convoiteras pas le Grec du ve siècle… 112
L’oedipe flottant des Inuits 119
Les nourritures psychiques 123
Soral, la cantatrice chauve 126

SECONDE PARTIE
I. l’éternel retour des idées fascistes 131
Identité 132
Inégalité 138
Pugnacité 139
Têtes de Turc : le triptyque en action 141

II. un fascisme pour notre temps 147
De quoi Soral est-il le nom ? 147
Comprendre l’Empire depuis un canapé rouge 151
Le nazisme, un trésor idéologique 163
Le fascisme est soluble dans l’État 177

III. Pour un égalitarisme éclairant 181
L’égalité sans l’État 181
Égalité et individualité 182
Égalité, lutte des classes et lutte des sexes 184
Égalité, revenus, travail 185
Égalité et pouvoirs 186
Égalité et jouissances 187
Du grand soir à l’alternative 188

Conclusion
Alain Soral est une pétasse 193

.
.


PRÉFACE

Que Frédéric Balmont me pardonne si l’éditeur que je suis prend la parole en préface de son texte pas tant pour parler de son contenu et de ses vertus que de son sujet et de ce que cela signifie pour moi d’éditer un tel livre.

Et qu’Alain Soral ne me pardonne pas. Ça me ferait plaisir.

Faut-il rappeler ici que le précédent éditeur d’un livre sur cet individu a subi l’attaque d’un de ses disciples, antisémite aussi proclamé que son maître ?

Comme l’information aura, somme toute, été bien peu reprise, StreetPress ne nous en voudra pas de reproduire intégralement la nouvelle telle qu’ils l’ont publiée.

« Sale juif, les goys (sic) redressent la tête. » Voilà les dernières insultes proférées par Frédéric P., quelques secondes avant de se battre avec Marc Grinsztajn, l’éditeur du livre de StreetPress consacré au facho-business d’Alain Soral. Résultat : une nuit passée à l’hôpital, des agrafes à l’arrière du crâne et deux jours d’ITT pour notre éditeur.
L’agression s’est déroulée dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 septembre. Sur le coup de 2 heures du matin, Marc Grinsztajn arrive devant son domicile après un dîner avec des amis. Alors qu’il compose son digicode, un homme surgit à côté de lui, armé d’une bouteille en verre, et lui lance « Sale bobo, le peuple aura ta peau. » Marc Grinsztajn entre dans son immeuble, mais l’intimidateur bloque la porte avec le pied et balance, menaçant : « Tu connais Robespierre ? ». Pour éviter de se retrouver coincé dans la cour de sa résidence avec son agresseur, l’éditeur ressort. Les deux hommes sur le trottoir, Frédéric P. profère de nouvelles insultes :
« – Sale juif ! »
« – Quoi ? » répond Marc Grinsztajn.
« – Les goys redressent la tête », rétorque-t-il.
Se sentant menacé, Grinsztajn lui assène un coup de poing puis fait demi-tour. L’autre lui lance une bouteille en verre, par-derrière, qui lui entaille le crâne, avant d’exploser sur la porte. Pas de bol pour Frédéric P : l’éditeur parvient à le maîtriser jusqu’à l’arrivée de la police.
Frédéric P. est connu des services de police pour ses activités politiques. Il a été contrôlé lors de la manifestation « Jour de colère » et a également milité chez les « veilleurs », a-t-on appris lors de la confrontation qui s’est déroulée, ce jeudi 17 septembre, au commissariat du 5e arrondissement. Selon des proches interrogés par la police, Frédéric P. a possédé chez lui un drapeau nazi et conserve encore un mug « Adolf Hitler » – « pour la blague », s’est-il justifié. L’agression est intervenue moins de dix jours après la parution du livre de StreetPress, Le Système Soral, enquête sur un facho-business (éd. Calmann-Lévy). Ainsi, le nom de notre éditeur y apparaissait dès la page 2 avec la mention « ouvrage publié sous la direction de Marc Grinsztajn ».

MISE A JOUR DU 18.09 A 18H13 : Visage buriné, épaules carrées, le cheveu châtain court avec un début de calvitie, Frédéric P. a comparu ce vendredi 18 septembre devant la 23e chambre du TGI de Paris pour « violences en raison de la religion, en état d’ivresse et avec arme par destination ». Contredisant ses premières déclarations au commissariat, où il avait expliqué que son entreprise avait fait faillite et qu’il vivait chez sa copine, il s’est cette fois présenté comme le propriétaire de leur appartement dans le 16e arrondissement à Paris tandis qu’il exerce toujours comme consultant dans le secteur de la restauration.
Son avocat a mis en avant sa situation de « déclassement social » et « des problèmes d’alcoolisme », Frédéric P. ayant bu le soir de l’agression. « Je souhaite mettre en place les moyens de corriger ce problème. Je me rends compte que cela va trop loin », a-t-il déclaré pendant l’audience, soulignant également ses épisodes dépressifs.
Alors que le procureur avait demandé la détention provisoire pour garantir la sécurité de la victime, l’homme, âgé de 36 ans, est sorti libre et a été placé sous contrôle judiciaire. Le tribunal lui a imposé plusieurs obligations, dont l’interdiction de se rendre dans l’arrondissement de notre éditeur et de rentrer en contact avec lui. La prochaine audience a été fixée au 23 octobre.

C’est bêtement anecdotique, dira-t-on ? Sauf qu’on est là dans la définition même du fascisme, cette bande de brutes qu’on appelait « chemises noires » en Italie ou SA en Allemagne.

Merveilleux fascisme. Il se fatigue à longueur de Youtube, le Soral, pour expliquer la quintessence de cette pensée trop usée. Et il a même l’honneur d’un Frédéric Balmont qui, inquiet de voir que le propagandiste parvient parfois à entraîner des égarés, fait l’effort d’un démontage méthodique de cette cosmogonie de merde.

À l’heure d’écrire, on est perplexe : sur quel ton faut-il parler de ces idéologues qui n’hésitent pas à faire l’apologie du crime le plus abject ? Faut-il les prendre au sérieux ou simplement les insulter sans détour ?

On pourrait les traiter de « minables ». « Escrocs » serait plus juste. Car c’était bien l’accusation portée par ce Système Soral publié par StreetPress – et possiblement ce qui aura énervé le gourou des petites frappes.

Le fascisme, pourrait-on dire in fine, n’est qu’un système d’escroquerie pour s’en mettre plein les fouilles en épatant les gogos. C’est assez cruel de le réduire à ça, mais au fond, cela n’a jamais été autre chose.

L’autre caractéristique majeure du fascisme, hormis la violence, c’est le recours à la bêtise que ses idéologues assument comme une sorte de fatalité anthropologique. Puisque l’être humain est stupide, il faut lui servir des idées bêtes. Des idées simples. Vous êtes blancs ? Alors il vous défendre les intérêts des blancs… ça va de soi… Idem pour la méchanceté. Le fond de la nature humaine serait ainsi, et le fascisme choisit de l’assumer.
Bête et méchant et fier de l’être.

On cherche des parallèles dans l’histoire et on n’en trouve pas. Jamais la pensée politique n’aura été aussi basse avec autant de prétention.

À peine capable de sortir des barres de fer (ou des bouteilles cassées) pour pallier son insuffisance intellectuelle.

J’entends mon ami Fred (un autre), poivrot également à ses heures, s’insurger que non – et que je le sais bien d’ailleurs, pour avoir abondamment étudié le sujet –, que de Raymond Abellio à Alain de Benoist, il y en a eu du jus de crâne pour conforter le délire fasciste.

Il n’empêche que, justement, pour avoir exploré en long et en large jusqu’aux auteurs les plus abscons de cette lignée, je peux revenir de ces dix ans d’étude en le disant tranquillement : à quelque niveau qu’on examine la pensée fasciste, ce ne sont là que des conneries. En revanche, oui, Fred a raison : ces conneries sont foutrement bien ficelées parfois et on ne peut que s’incliner en reconnaissant que, depuis maintenant un demi-siècle, de Benoist and Co ont fait un sacré boulot, un véritable travail intellectuel même, pour refonder les catégories de ce discours totalement discrédité depuis 1945.

Que le lecteur ne m’en veuille pas si je ne prends pas le temps ici d’entrer dans les détails de cette étude approfondie à laquelle j’ai consacré un gros pavé, La Mémoire n, qu’un ami éditeur a publié il y a quelques années et qu’il faudra bien rééditer maintenant qu’il est épuisé, pour que chacun voie ce dont il est question (et qu’on excuse aussi cette autopromotion que le sujet impose).

Je cherchais à l’époque à comprendre tout autre chose : comment François Mitterrand a-t-il pu entreprendre une politique aussi dégueulasse que celle qui a consisté à engager la France et son armée dans le génocide des Tutsi du Rwanda ? Dans quel dispositif mental un programme aussi ignoble a-il pu s’insérer ?

Pour comprendre, il fallait regarder du côté de sa jeunesse pro-nazie, dans la Cagoule, sous le patronage de l’Oréal.

Et que découvre-t-on alors ? Une pensée très structurée autour d’un parti pris mystique. Que ceux qui partagent ce parti pris sans s’inscrire dans la filiation fasciste me pardonnent à leur tour, mais le fascisme ce n’est que ça :
la tentative désespérée de réintroduire l’ordre politique de la religion mis à mal depuis l’humanisme au XVIe siècle, la Renaissance au XVIIe, les Lumières au XVIIIe et le socialisme accompagnant les progrès de la science au XIXe siècle. Au XXe siècle, tout ça aura abouti, après la Révolution de 1917 en Russie, à sonner le tocsin de la réaction religieuse qui a bricolé le fascisme pour tenter de ménager mystique et modernité.

Ce mouvement était en gestation au moins depuis la Commune de 1871, à l’issue de laquelle le parti conservateur considérera que les canons de Thiers ne suffisaient pas à résoudre le problème posé par la Révolution : il fallait incorporer la pensée socialiste pour avoir une chance de sauver l’ordre.

On comprend tout ça en lisant, entre autres, Raymond Abellio qui sera, après 1945 et jusqu’à sa mort en 1986, le grand maître méconnu de ce courant de pensée. À partir de 1968, Alain de Benoist dissertera sans fin autour des inspirations d’Abellio. Alain Soral vient en fin de comète de l’histoire du fascisme pour tenter une énième résurrection de ce bricolage à deux balles.

À l’arrivée, que dire d’autre que son mépris pour ces « dragueurs » si laids. Ni beaux ni dignes, infects quand ils s’abaissent à promouvoir le racisme et la haine, militant activement pour ramener l’humanité au niveau de leur méchanceté affligeante.

Quand on dit ça, on n’a encore rien dit, bien sûr, puisque le problème n’est pas tant que ces gens-là sont des imbéciles prétentieux, des ignorants persuadés de tout savoir, mais que les archétypes mentaux qu’ils exploitent s’inspirent des plus anciennes recettes des prêtres et monarques de jadis. Et que, souvent, malheureusement, ça marche.

C’est du coup toute la question aujourd’hui, de savoir qui de Soral ou de Balmont aura raison. Que Balmont soit assuré de toute notre sympathie et que Soral aille se rhabiller. Il nous a assez fatigués. L’humanité a besoin de paix, pas de haine. De générosité, et non de l’effroyable étroitesse d’esprit dont les nazillons se gargarisent.
Et puis, puisqu’on parle de ça, un dernier mot sur la « question juive » – cet antisémitisme que Soral assume comme personne depuis 1945. La stupidité des antisémites d’avant pourrait éventuellement s’excuser : ils n’avaient pas vu la Shoah. Soral, oui. Il vient après. Et il n’y a pas de mot pour qualifier une posture qui revendique l’antisémitisme le plus radical après Auschwitz. Ainsi, ce petit dragueur, idéologue escroc et grossier personnage n’est pas seulement un agitateur criminel : il atteint le degré le plus bas dans l’histoire de la conscience humaine.

Michel Sitbon
Éditeur


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Prix : 5€
190 pages
ISBN : 979-10-93279-02-2