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Esprit Frappeur

"On nous appelle les Indignés !" chronique parisienne

Yannis Lehuédé

Vers une démocratie réelle !

Le 15 mai 2011, comme répondant à l’appel du livre de Stéphane Hessel, des centaines de milliers de madrilènes affluaient à la Puerta del Sol. Quelques jours plus tard, à Paris aussi, se soulevaient ceux qu’on appelle les « indignés ». Harcelés par la police, ils réussiront à installer de nombreux campements plus ou moins éphémères, à Paris comme dans toutes les villes de France, à la Bastille comme à la Défense, ainsi qu’à faire fonctionner de multiples « commissions ».

Et ils tiennent bon, ayant surmonté bien des épreuves épiques, comme l’occupation de la Défense, inspirée par l’occupation de Wall street, à la différence qu’ils subiront tant de charges policières que cela semblerait comique, si ce n’était une grave atteinte au droit de manifester. S’ils ne sont pas parvenus à réunir de grandes foules dans de telles conditions, ils n’en ont pas moins vécu une aventure exaltante, maintenant envers et contre tout leur expérience de démocratie directe, ouverte, participative – une expérience sans précédent, en fait. Ces quelques centaines de personnes, traversées de doutes et de polémiques, réussiront néanmoins à animer le débat démocratique jusqu’à en appeler à un référendum pour une assemblée constituante, qui doit s’organiser parallèlement à l’élection présidentielle de 2012.

On plonge dans le quotidien de ces révolutionnaires pacifiques qui tentent d’éveiller les consciences et réinvestissent l’espace public, débattant assis en cercle sur les trottoirs parisiens et communiquant, par les réseaux d’internet, avec leurs compagnons soulevés comme eux dans le monde entier. Un document unique pour mieux comprendre la révolution planétaire en cours.

Ce sont les indignés eux-mêmes, dont les témoignages ont été recueillis par Yannis Lehuédé, participant depuis le début à la commission « communication », qui sera parvenu à retracer l’histoire de cette année de lutte.

Prix : 10 euros.



Mots-clés: Démocratie Dette Europe Histoire Police Politiques Sciences Humaines et Sociales Technologie



Présentation :

Extraits :

« Humanisons !

Qu’attendons-nous ? De nous révolter tout seuls, chacun de son côté ? (...) C’est la naïveté des égoïsmes qui a fait que tour à tour, tout nous a été enlevé. Une révolution ça commence d’abord par se rêver ! Ca se partage, ca se construit (...) Force est de constater que nous n’avons plus d’institutions légitimes. Alors…
Instituons ! »

19 mai 2011. Rendez-vous jeudi 19 mai face à l’Ambassade d’Espagne. La nouvelle avait circulé très vite : En Espagne, des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement et furent violemment opprimés par les forces de l’ordre. Le coeur est là-bas, le corps est ici... On y va. C’est le premier rendez-vous des indignés parisiens.

10 jours plus tard, le 29 mai, devant l’Opéra Bastille, on compte entre 1000 et 4000 personnes (selon les organisateurs, qui n’ont pas l’habitude de cet exercice comptable), l’un d’eux laisse exploser sa joie  : «  La Bastille est prise  ! J’y crois pas, on a réussi à reprendre la Bastille  ! »
En fin d’après-midi, une fanfare déambule entre les groupes éparpillés. Tous dansent timidement sur des rythmes espagnols.

Le 19 juin. L’ordre est donné ! … Et les CRS viennent se saisir des indignés pacifiques, paisibles même. Le contraste fait peur ou prête à sourire, tout dépend du point de vue : d’un côté les forces du « maintien de la paix (sociale) », dans leur costume de tortues ninjas, épaulières, coudières, genouillères, rangers aux pieds, matraque ou bombe de gaz lacrymogène à la ceinture, casque à visière relevée pour la police, béret pour les gendarmes, et de l’autre, de simples citoyens, sans aucune protection, totalement non-violents, scandant des slogans :
« Non à la violence ! Non à la violence », « Liberté d’expression ! Liberté d’expression ! », « Police partout, justice nulle part ! »

Journée mondiale du 15 octobre. Paris a rassemblé une foule impressionnante. Une agora de près de 3000 personnes, sans leader ni revendication plus franche que « démocratie » a motivé énormément de nouvelles personnes. (...) Cette journée restera dans l’histoire pour une autre raison : c’est la première fois qu’une manifestation est organisée à une échelle aussi vaste. Près de 1000 villes dans le monde dans environ 90 pays y ont participé.

Nuit du 4 au 5 novembre, La Défense. La fatigue doit glisser avec la pluie, être dispersée par les interventions régulières de la police. Mais nos ressources sont immenses. Nos repères intérieurs changent : sur l’instant, c’est une guerre totale, une guerre d’usure et d’occupation de terrain.

Matin du 5 novembre. Le petit matin débarque discrètement, entre des vagues de brumes. On a tenu ! Les indignés sont restés à La Défense. (...) La pluie a cessé, une autre prend le relais : une pluie de petits déjeuners...

« Vivons ensemble la naissance d’un mouvement porteur d’espoirs. Vivez cette aventure qui aura un impact sur la donne politique en Europe. »

Quelques vidéos :


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Voir également le livre de photos : EF n°162.


1 Message
  • La répression n’a été que proportionelle au risque pour le pouvoir en place : Les manifestations habituelles avec canalisation dans des cortèges ou festivités éparpillantes, mais surtout avec une heure de dispersion, ne le dérangent pas, car ces situations sont sous contrôle.

    Par contre, l’ocupation à durée indéterminée d’une place publique à fin politique a un sens qu’il perçoit bien mieux que quiconque : C’est un nouvel état lorsque des Citoyens y écrivent leur propre Loi, et même si ce sont des décisions à l’unanimité, la communication ne suffit pas toujours. Il faudra chercher l’Information : Quelles sont ces lois ?

    Démocrates donc respectueux de la loi, ce sont celles qu’ils s’appliquent à eux-mêmes. Face à l’ignorance et à l’oubli, le jeu de piste contre ceux qui veulent plus que leur part de pouvoir n’a fait que recommencer à Paris depuis le 11 novembre.

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